Appartiennent à la famille des Geckonidés
Famille intéressante. Elle est caractérisée par le fait que la majorité de ses représentants peuvent émettre grâce à leur langue charnue, en particulier à la saison des amours un son caractéristique : « geck-geck » d'où ils tirent leur nom. Contrairement à nos Iguanidés qui sont d'origine américaine, les Geckonidés encore appelés « Mabouyas » dans nos îles viennent de l'Afrique tropicale et équatoriale.

Disons le tout de même, cette famille est cosmopolite, c'est-à-dire qu'on la trouve dans tous les coins du globe. Elle est caractérisée en particulier par des pattes aux doigts aplatis, divergents, charnus et munis de plis transversaux, faisant office de ventouses. Les Geckonidés mènent une vie nocturne, possédant de gros yeux adaptés à ce mode de vie. Quels sont donc les représentants de cette famille à la Martinique ? En plus du Mabouya qui vit dans les maisons et que tout le monde connaît bien, il en existe d'autres qui vivent cachés sous les rochers, ou dans les cocotiers dont les moeurs sont moins bien connues.

Tout comme les serpents, les Mabouyas sont des reptiles qui ont créé le plus de frayeur et ont fait naître le plus de légendes parmi les populations de nos îles. Ainsi, selon une croyance encore très commune, il paraît que « lorsque ce reptile se jette sur quelqu'un, on ne peut lui faire lâcher prise ».
Le R.P. Du Tertre prétendait que le Mabouya se jetait hardiment sur ceux qui l'agaçaient. Il pensait aussi que sa morsure était venimeuse et qu'il survenait des ulcères aux parties du corps qui avaient été en contact avec l'humeur visqueuse dont il est couvert.
Cette réputation est injustifiée, elle ne traduit simplement qu'une répulsion de nos populations pour ces reptiles.

Le « Mabouya » de nos maisons
De couleur rosâtre ou blanchâtre, il loge dans nos maisons caché derrière les tableaux accrochés aux murs, derrière les armoires. A la tombée de la nuit, il quitte sa cachette à la recherche de « Ravets » ou de Moucherons qui constituent la base de son alimentation.
Le Mabouya domestique est connu dans toutes les îles des Petites Antilles ; il est plus rare sur le continent sud-américain et plutôt localisé dans les Grandes Antilles, en particulier à Cuba.
Son introduction elle est récente, on ne sait pas la date exacte, mais il est fort probable qu'elle se soit réalisée au 18e siècle par les bateaux négriers.

Sa reproduction : les oeufs qui sont au nombre de 2 ou 3 sont déposés n'importe où : recoins sombres, tiroirs, fente d'un mur, etc. Ils sont protégés par une coquille calcaire toute blanche et très solide.
Importance de cette faune : le Mabouya est moins fréquent dans les villes, il se rencontre actuellement plutôt dans les maisons à la campagne où il est chassé car selon une croyance populaire, il est symbole de malheur.

Espèce voisine : Hemidactylus brookii lui aussi originaire d'Afrique tropicale, se rencontre surtout à Cuba, Saint-Domingue et à Porto-Rico.

Le « Mabouya collant » ou « Mabouya des cocotiers »
De taille plus importante que le Mabouya domestique, à l'état adulte il peut atteindre jusqu'à 20 cm, queue comprise.
« Bien que ces lézards ne soient pas les plus grands, ce sont pourtant les plus vilains et les plus laids de tous ; et c'est ce qui les a fait appeller par les sauvages, aussi bien que par les habitants « Maboüyas », qui est un nom qu'ils donnent communément à tout ce qui leur fait horreur. » (R. P. Du Tertre.)
Il existe dans toutes les îles, de Saba à Grenade, ainsi que sur le continent en Amérique centrale et dans les régions tropicales d'Amérique du Sud.
Le fait qu'il n'y ait aucune sous-espèce insulaire, donne à penser qu'ils sont certainement arrivés dans nos îles au moment où l'évolution de l'espèce était terminée. Dans la nature on peut rencontrer ces Mabouyas non seulement dans les cocotiers, mais aussi sous les pierres ou le bois pourri, où ils pondent leurs oeufs qui sont au nombre de 2 ou 3 et possèdent une coquille calcaire.