Beaucoup de variétés existent dans nos îles et portent des noms fort imagés. Jugez-en vousmêmes : « Piment bonda-à-man-Jacques », « Piment cabresse », « Piment Caraïbe, « Piment cerise », « Piment enragé », « Piment zozio » (oiseau), « Piment z'indien », etc.

Précisons que presque toutes les formes de Piments appartiennent à deux espèces
Capsicum frutescens L. : Fruits petits, allongés ou ronds, dressés (type « Piment-z'oiseau »).
Capsicum sinense Jacques : longtemps confondu avec le précédent, à fruits plus gros, de type « lanterne », penchés ou pendants.

Les Piments sont connus depuis fort longtemps en Martinique. Les Caraïbes et les premiers colons Français en faisaient une forte consommation : « Le Piment, poivre d'Inde, ou Poivre du Brésil, que les arboristes nomment Capsicum, a été de tout temps la principale épicerie, tant des sauvages (Caraïbes) que des habitants Français. » (R.P. Du Tertre).
Les Caraïbes, paraît-il, en mettaient à pleines poignées dans toutes leurs sauces, au point qu'il était très difficile pour le colon de l'époque de goûter à leur cuisine.

Ils utilisaient aussi le Piment pour guérir la fièvre et cela d'une façon originale : « Ils prennent du petit piment rond, qui est le plus fort et le plus brûlant de tous, et après en avoir frotté un filet, ils ouvrent par force avec les doigts les yeux du malade, et lui passent plusieurs fois ce filet sur la prunelle des yeux... » (R.P. Du Tertre).

Nous ne savons pas l'efficacité de ce traitement, mais la douleur était certainement si vive que le malade devait oublier sa fièvre !
Aujourd'hui, le Piment n'est plus utilisé contre la fièvre, mais c'est certainement l'épice la plus employée en Martinique. On le met dans toutes les sauces, auxquelles il donne beaucoup de goût. Certains pensent qu'il excite l'appétit.

Les Piments, séchés et moulus, donnent le poivre de Cayenne ; séchés au soleil et au four, ils sont les chillies qui font l'objet d'une fabrication importante au Japon et dans certaines Antilles anglaises.