Encore appelé Grenadille, « Fruit de la Passion » et, par erreur, « Pomme-Calebasse », le Maracudja est une liane vigoureuse, qui peut atteindre jusqu'à 15 m de longueur, avec des feuilles en général profondément trilobées. Cette liane se rattache à son support par des vrilles. Originaire du Sud du Brésil, le Maracudja est cultivé en Martinique pour son fruit, qui donne un excellent jus.

Son introduction dans nos îles est imprécise

Quoique le R.P. Du Tertre décrivit deux plantes sous les noms de « Fleur de la Passion »et de « Grenadille », nous nous posons la question de savoir s'il s'agissait réellement du Maracudja. En effet, la description du Révérend Père fait plutôt penser à celle de la Pomme-Calebasse, qui est d'ailleurs indigène, mais rare de nos jours. On la confond souvent à tort avec le Maracudja.
Une trentaine d'années plus tard, le Père Labat décrivit sous le nom de « Pommes de Lianes », les fruits d'une liane qui porte « des fleurs violettes à leurs extrémités, faites à peu près comme des clochettes d'un pouce de diamètre, et d'environ autant de hauteur, composées de filets assez gros, dont les extrémités sont de couleur de pourpre ; ils sortent d'un fond jaune, au milieu duquel s'élève un pistil de même couleur, qui a un peu la figure d'un marteau, qui est chargé de trois petits boutons qui ont celle d'un clou ; c'est ce qui a fait donner à cette fleur le nom de fleur de la Passion?».

Cette description plus précise, ressemblant à celle du Maracudja, peut laisser croire qu'il existait dans nos îles dès la fin du 17e siècle.

Un fruit très apprécié des rats

Il est bien connu en Martinique, que là où il y a des Maracudjas, il y a des serpents. Cela s'explique très simplement par le fait que les rats sont attirés par le Maracudja et que les serpents cherchent à manger les rats. C'est la raison pour laquelle, pendant longtemps, les habitants de la Martinique détruisaient systématiquement tous les pieds de Maracudja qui poussaient près de leur maison.
Il est tout de même remarquable que le Père Labat se soit déjà rendu compte de cela : « Les rats en sont extrêmement friands, ils ne manquent jamais de se trouver sous cette plante, surtout quand le fruit est mûr, et d'y attirer par conséquent les serpents... ». Et il ajouta : « les deux incommodités m'obligèrent bientôt à me défaire de ces lianes... ».
C'est certainement à regret que le Père Labat dût les détruire, car, selon lui, « ce fruit est fort bon pour la poitrine. Il est rafraîchissant et de bonne odeur. On le donne aux malades... ».

De nos jours, le Maracudja est essentiellement utilisé dans la fabrication du jus, très consommé, surtout en Martinique. Ce fruit est aussi mangé frais. Pour cela, il suffit de faire, avec les dents ou un couteau, une petite ouverture à un des bouts. On suce tout son contenu, qui a fort bon goût, mais qui est tout de même très acidulé.