À plusieurs reprises, le Carnaval martiniquais a subi des éclipses : après la catastrophe du Mont Pelé, à la guerre 14-18, au moment de l'exposition coloniale où beaucoup d'éléments s'occupant particulièrement du folklore ont dû aller représenter la Martinique à cette même exposition, enfin au moment de la guerre 39-45.

Les mariages burlesques du Lundi Gras
Le thème est toujours celui des couples mal assortis et dont la mariée ayant fauté avant le mariage, qui fête Pâques avant Carême, supporte une grossesse avancée.
Elle est pourtant en blanc avec voile et couronne de fleurs d'oranger, malgré son ventre énorme et les manifestations d'un accouchement imminent. Dans ce couple ridicule, c'est en général un homme déguisé en femme qui joue le rôle de la mariée, tandis qu'une fille toute menue, habillée en homme, représente le marié. Un long cortège suit le couple qui, en cours de route, rencontre l'officier d'État-civil qui les unit ainsi que le prêtre qui les bénit.

Mardi Gras
C'est la fête des diables rouges, tout le monde est tout de rouge vêtu, aussi bien les spectateurs que les carnavaliers.
La grande parade du Sud est organisée le mardi gras toutes les communes du Sud, à tour de rôle organisent cette manifestation qui attire plusieurs milliers de personnes venant de toute la Martinique.

Mercredi des Cendres
Lidée de malfaisance n'est pas, à priori, attachée à VAVAL. Celui-ci serait plutôt une sorte de dieu pâien, un émule de Bacchus venant périodiquement organiser des réjouissances, quitte à se retirer, son séjour éphémère révolu. Respectueux des traditions il fait le sacrifice de sa personne et accepte hérdiquement sa mort sur le bûcher pour ressusciter l'année suivante. Ainsi s'incline-t-il devant le Carême qui est un temps nécessaire de pénitence.
Les guiablesses d'ailleurs, si elles pleurent la mort de VAVAL et le supplient de demeurer parmi elles,ne manifestent aucun sentiment de révolte. Elles font preuve au contraire d'une grande résignation et, Vaval disparu, elles se conformentaux règles du jeu.
Dès onze heures, de toutes les voies qui mènent vers la ville et partant des collines environnantes, déferle une vraie marée noire et blanche de diablesses, qui chantent, dansent et gesticulent.
Elles traînent, dans un bruit infernal de vieux pots de chambre, des boites de conserves vides, des vieux seaux éventrés, reliés à leur taille, par une longue ficelle. Elles se rencontrent, se prennent par la taille, par le bras ou par le cou, formant ainsi de longues théories humaines qui se balancent d'avant en arrière, ou de gauche à droite, dansant, « gesticulant et chantant à tue-tête.

Petit à petit, le flot des diablesses s'écoule. Bientôt, la place est vide. Mais ce soir, jusqu'à minuit, on retrouvera les diablesses dans tous les endroits où l'on danse et elles danseront sans arrêt, sans répit.