Plus de seize années après avoir été prononcé à Miami, le « discours sur la négritude » de Césaire était publié, en 2003, par le conseil général de Martinique. L'occasion pour tous de faire connaissance avec ce « dernier » opus de l'oeuvre césairienne.
« J'avais gardé une photocopie de ce discours archives depuis ce voyage que nous avions effectué en 1987. Césaire lui-même ne sait ou se trouve l'original », soulignait Claude Lise en juin 2003, à l'occasion de la sortie officielle du livre.

L'essentiel de la pensée césairienne

En 1987, Léopold Sedar Senghor était vivant mais jouissant de sa retraite de chef d'état du Sénégal, et Aimé Césaire ne savait que faire pour éviter le trop plein de sollicitations en tous genres.
Un Cubain, Carlos Moore admirateur des deux survivants de la négritude, ancien compagnon de Fidel Castro mais oppose à la vision castriste du probleme des noirs cubains, décide d'organiser un colloque sur la problématique noire. Inviter l'un et l'autre sautant plus naturetque la négritude ne sera que plus aisément perceptible avec la présence physique de ses fondateurs. « Cela n'a pas été simple, d'autant que Césaire commençait à ne plus vouloir voyager. Mais l'idée de retrouver son ami et frère Senghor, loin de lui déplaire, le motiva à faire ce voyage en Floride. Il ne voulait pas parler au départ, mais dans l'avion, il me glisse le texte du discours qu'il prononcera. C'est le fameux discours sur la négritude qui est connu que d'un cercle très restreint de spécialistes de son oeuvre », se souvient le président du conseil général.
En réalité, ce texte n'est pas connu du grand public et souvent est confondu avec « discours sur le colonialisme » que Césaire avait prononcé à Paris à la Mutualité, mais en 1950.
Un autre cadre, un texte fondateur de ce qui allait devenir plus tard le ciment d'une démarche politique plus fortement marqué par la lettre à Maurice Thorez, alors secrétaire général du parti communiste.