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An tan lontan
Le mobilier ancien et la poésie

Le mobilier ancien, créole ou non, a fait souvent rêver des poètes, surtout ceux qui, à travers leurs souvenirs d'enfance ou de jeunesse, ont été les plus sensibles à percevoir l'atmosphère insolite qui se dégage de la densité esthétique de ses multiples formes et
volumes. Avec lyrisme, ils ont tenté de nous rappeler quelquefois l'indicible poésie de certaines pièces d'une maison dans laquelle ils avaient vécu heureux, grâce à la présence grave et solennelle de tous ces meubles anciens, véritables objets d'art, élégants et confortables qu'ils avaient appris à aimer et à chérir au cours des beaux jours de leur existence. 

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Le comportement religieux des premiers colons

Quand les prêtres faisaient défaut, le Commandant du quartier remplissait momentanément l'office du curé : « Il assemblait son peuple, écrit J.-B. Labat, les fêtes et les dimanches dans l'église, faisait quelque lecture ou exhortation, récitait les prières, avertissait des jeûnes et des fêtes ; et, je crois, faisait les corrections fraternelles à ceux qui s'écartaient de leur devoir ».
Le même Père Labat fut d'ailleurs accueilli à bras ouverts à son arrivée dans ses paroisses du Macouba, puis du François... Pour J. Rennard, la foi et le zèle des premiers habitants ne paraît faire aucun doute
« On aime à faire des dons et des cadeaux à l'église, et parfois des cadeaux de valeur : l'ostensoir du Marigot (Martinique) ou la croix de procession des Vieux-Habitants (Guadeloupe) en sont des témoignages ». Il n'y a pas à être surpris de cette foi populaire : au XVIIe siècle, l'athéisme est fort rare, c'est le privilège de quelques grands seigneurs libertins, ceux que leur nom met à l'abri des poursuites. De plus, la plupart des colons viennent de régions de France (Bretagne, Normandie) où l'emprise catholique est particulièrement forte. Ajoutons à cela les difficultés de leur entreprise, les risques encourus : ils ont vu mourir beaucoup de leurs compagnons, soit sur le bateau qui les amenait aux îles, soit à terre, d'une quelconque fièvre ou des suites d'un combat. La mort leur est familière et le besoin du dieu, là plus qu'ailleurs, se fait sentir. 

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Du Pont nommé responsable de l'île

Monsieur d'Esnambuc se sentant cassé de maladie et proche de sa fin et voulant maintenir l'Etablissement de la Martinique qu'il regardait comme son ouvrage, jeta les yeux sur Monsieur du Parquet, son neveu, cousin de ce jeune gentilhomme qui fut tué à Saint-Christophe, lorsque Don Federico de Tolède en chassa les Français.
Ce jeune gentilhomme, élevé sous la discipline de son oncle, vint à la Martinique, avec quinze vieux habitants et quelques serviteurs ; il y fut reçu avec acclamations de tout le peuple, qui voyant revivre Monsieur d'Esnambuc leur cher gouverneur, dans la personne de son neveu, se promettaient une conduite aussi heureuse sous le gouvernement de celui-ci à la Martinique, qu'ils l'avaient éprouvée à Saint-Christophe, sous le commandement de celui-là. 

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Les difficultés avec les Caraïbes

Les « Sauvages », qui ne souffrent plus le voisinage des Européens que contre leur volonté, commencèrent bientôt après à murmurer ; et quelques-uns d'entre eux (car ils n'étaient pas tous d'un même sentiment) ayant eu différend avec les Français, il y en eut de tués de part et d'autre.
Ce fut là le commencement de la guerre qu'ils firent aux nôtres ; car ayant pris résolution d'empêcher notre Etablissement, ils n'épargnèrent rien pour réussir en ce dessein. Ils ne trouvaient point de Français à l'écart sur lequel ils ne fissent main basse, et ils paraissaient tous les jours armés à la vue du fort pour les surprendre ; ce qui fit beaucoup souffrir nos gens, qui n'osaient s'en éloigner de peur d'être surpris et cruellement massacrés. Il est vrai que les « Sauvages » y laissaient souvent des leurs ; car les Français ne sortant jamais que bien armés, ne donnaient aucun quartier à ceux qui tombaient entre leurs mains. 

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Les projets de Mr d'Esnambuc

Il y avait longtemps que Monsieur d'Esnambuc méditait d'habiter l'île de la Guadeloupe, comme la plus prochaine de celle où il commandait qui était plus à sa bienséance et de laquelle il connaissait parfaitement la qualité et les avantages : mais se voyant supplanté par Monsieur de l'Olive son Lieutenant, auquel il avait communiqué son dessein et qui en avait obtenu le gouvernement des Seigneurs de la Compagnie, appréhendant que quelqu'un d'autre ne lui en fit autant de l'île de la Martinique, il résolut de ne plus différer d'en prendre possession et de l'habiter sous le nom de sa Majesté et sous l'autorité de la Compagnie.

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