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Associations et carnaval du 17éme au 19 ème siècle |
Dans la correspondance officielle, le mot carnaval apparaît en avril 1722. Comme ces festivités ne provoquent pas de surprise, elles ne sont pas nouvelles Les administrateurs critiquent alors des groupes de blancs fortunés en évoquant deux pratiques : la somptuosité de certains repas, et surtout un «jeu épouvantable». Dans le même milieu, au début de la seconde moitié du siècle, on ajoute les bals. Parallèlement, les autres groupes sociaux ont obligatoirement leurs structures, durables ou éphémères, car construire, reconstruire, préserver des liens qui dépassent le cadre familial sont à la base du mouvement qui incite à se réunir, boire, manger, organiser des réseaux de réjouissances ou d'entraide fondés sur la perception que l'on a de son niveau social, l'appartenance à un quartier, une habitation, un métier, une ethnie. |
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Sources et traces carnavalesques |
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Oh madiana jou a ka ouvè ladjé mwen.....! Ah ! CE CARNAVAL MES AMIS ......! A partir de quelle période de l'histoire de la Martinique le carnaval est-il devenu une véritable entité sociale, élément identitaire, culturel et patrimonial ? Quelles pouvaient être les facettes de cette manifestation avant 1848 ? En dehors de multiples supputations et traces fugaces, les archives demeurent encore silencieuses en souffrance de la quête des historiens. Cependant, on peut imaginer que cet élément culturel est en construction de par les apports culturels des différentes composantes de la société, la ségrégation sociale et raciale et le fait esclavagiste. |
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La fête Gélédé est une fête annuelle se déroulant à la saison sèche (mars-mai) chez les peuple Nago-Yorouba du Nigéria et de la République du Bénin. Le but de la fête est d'honorer et d'apaiser les mères (les femmes âgées), censées disposer de très puissants pouvoirs spirituels qu'elle peuvent utiliser à de bons ou à de mauvais desseins. Les porteurs de masques Gélédé qui endossen vêtements féminins et poitrines postiches, appartiennent à une société secrète initiatique dirigée par une femme. Vêtus de costumes chamarrés, ils portent sur la tête des masques-heaumes, ce qui leur permet de voir à travers une étoffe qui les dissimule entièrement. Accompagnés de percussions, ces masques satiriques se moquent de certains comportements et attitudes, formulant ainsi une forte critique sociale par le biais de la danse, du geste, des proverbes, des anecdotes et de la dérision. Le patrimoine Gélédé a été proclamé (2001), Chef-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO. |
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La vie sur un bateau négrier |
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Boyer Peyreleau décrit vers 1823 un navire négrier : «Qu'on se figure des êtres humains entassés comme des ballots de marchandises dans des compartiments qu' une cupidité barbare leur a ménagés avec parcimonie, où ils ne respirent qu'un air méphitique qui les tue (...) Ces malheureux, la plupart décharnés et accroupis comme des brutes, soutiennent à peine leur tête où l'on ne découvre presque plus d' expression ; de jeune femmes de 15 à 16 ans exténuées de besoin et de misère, tiennent des enfants à leurs mamelles déjà pendantes et desséchées. L' horreur de ce tableau est encore accrue par les maladies que l' insalubrité et les privations ont produites. Le quart plus ou moins de la cargaison est ordinairement moissonné pendant la traversée et ceux qui survivent paraissent insensibles à la mort de leurs compagnons, le même sort les attend d'un instant à l'autre. Pourrait-on s'imaginer que des hommes qui se disent civilisés et chrétiens se rendent ainsi de sang froid les bourreaux d' autres hommes dont tout le tort envers eux est d' être nés sous d' autres cieux et d'être d'une couleur différente ?» |
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Les contrats d'engagement ont d'abord été affaire de droit privé avant d'être réglementés par l'administration royale aux XVIIe et XVIIIe siècles. Nous les voyons reparaître au XIXe siècle, dès la Restauration, et plus particulièrement sous le Second Empire et au début de la Ille République. Engagés : dans le cadre de l'immigration aux îles, personnes arrivées avec un contrat d'engagement. En dépit de la permanence du contrat inégalitaire, l'usage réserve cette qualification plutôt aux Européens arrivés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ensuite, plus que d'engagés, on parlera de Madériens, d'Hindous ou Coolies, de Chinois, de Congos..., autres appellations inégalitaires appliquées à des étrangers dont les descendants mettront du temps à être reconnus comme créoles. «Gens gagés» : individus qui ont contracté un pacte avec le diable. Impitoyable, la sagesse populaire exprime encore l'idée d'un contrat inégal. Dans le premier cas l'engagé risque son corps, dans le second, son âme. L'espoir était-il à ce point absent de la condition d'engagé ? |
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